Le test d’association implicite, un atout de taille pour lutter contre la discrimination sexuelle dans le monde scientifique ?

Nous sommes en 2017 et, malgré les progrès accomplis ces dernières années dans la lutte contre les stéréotypes dont les femmes scientifiques sont les victimes, 70 % des femmes et hommes de 34 pays voient aujourd'hui encore la science comme un domaine masculin, comme le montre une étude du Harvard Implicit Association Test. Dans le présent article, DiscovHER décrit le fonctionnement de ce test, la façon dont les phénomènes qu’il met en lumière, particulièrement concernant le sexisme dans le monde scientifique, se traduisent en pratique pour les femmes scientifiques… et comment ce test peut servir à battre en brèche ces préjugés.

Mis au point en 1998, le test d’association implicite (IAT) est un outil scientifique utilisé dans la psychologie sociale pour mesurer la force des associations automatiques d’idées ou d’objets dans la mémoire humaine. Il permet d’identifier des préjugés dont l’homme n’est pas toujours conscient ou, quand il l’est, qu’il se garde bien d’énoncer de peur d’être jugé par d’autres membres de la société. Ces idées reçues peuvent porter sur la race, le sexe ou l’âge, mais aussi sur toutes sortes de choses.


Le principe est simple : le participant se voit proposer de chaque côté d’un écran deux traits de caractère qu’il est invité à associer à un objet ou un concept. Si le test vise à mesurer une éventuelle partialité raciale, par exemple, il pourra afficher les mots « blanc » et « noir » de part et d’autre de l’écran, avant de faire apparaître en son centre un objet, concept ou une caractéristique que le participant devra associer au mot « blanc » ou au mot « noir ». S’il permet d’identifier les traits de caractères ou idées que chacun rattache à l’objet du test, l’IAT mesure aussi le temps dont chaque personne a besoin pour faire ces associations. Un participant qui prend plus de temps que la norme pour associer des concepts est en général soupçonné de partialité implicite envers le concept ou la personne en question.


Dans le monde soi-disant progressiste dans lequel nous vivons aujourd'hui, il est rarissime de voir quelqu'un assumer sans ambages ses préjugés. Pourtant, le fait que personne n’ose plus exprimer ouvertement ces sentiments ne signifie nullement qu’ils n’ont plus cours. Quand tel est le cas, en outre, les conséquences de ces attitudes sont terriblement néfastes à ceux qui en sont la cible. Par exemple, les stéréotypes sexistes qui règnent dans le monde du travail pénalisent lourdement les femmes, qui sont souvent moins rémunérées que leurs collègues masculins et ont moins de chances de trouver un emploi, à plus forte raison lorsqu’elles sont mères (alors même que le monde professionnel fait la part belle aux pères).


Dans la sphère scientifique, les femmes voient leurs travaux de recherche systématiquement dépréciés et peinent plus encore à faire valoir leurs talents auprès d’hommes qui n’arrivent pas à les voir autrement que dans le rôle de l’assistante de laboratoire. Ces clichés entravent la progression des carrières et des travaux d’un nombre important de femmes scientifiques, ce que la société finit par payer au prix fort. Comme le montre l’étude réalisée par Harvard, elles se heurtent aussi à un phénomène plus insidieux qui les voit implicitement associées à des domaines comme les arts libéraux plus qu’à la science.


Pourquoi ce test est-il important ? L’objectif de l’IAT est de lever le voile sur des préjugés enfouis en nous afin de mieux les combattre, particulièrement dans la sphère scientifique, où le postulat de rationalité empêche les scientifiques d’évaluer leurs propres préjugés. En évaluant les idées reçues comme des notions acquises et non innées, le test pourrait aider les acteurs de cet univers à surmonter la honte que leur inspirent leurs propres préjugés et à trouver des solutions pour en éradiquer les effets dans toutes les strates du monde professionnel. Ce qui permettrait d’éviter que ces idées reçues implicites ne se transforment en discrimination explicite et favoriserait l’éclosion de l’environnement progressiste et égalitaire dans lequel nous aspirons tous à vivre.


Envie d’en savoir plus sur le fameux test ? Prêtez-vous au jeu en cliquant ici et racontez-nous votre expérience @femmesetscience.

L’Oréal–UNESCO
Pour les Femmes et la Science

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