Annie Jump Cannon, la spécialiste des étoiles

Aujourd’hui, DiscovHER trace le portrait d’Annie Jump Cannon, une astronome qui a révolutionné la classification des étoiles et créé un système utilisé aujourd'hui encore par les astronomes.

Née en 1863, Annie doit son intérêt pour l’astronomie à sa mère, qui l’initie à l’étude des constellations et l’encourage à se consacrer à sa passion pour les sciences. Elle décroche ses diplômes d’astronomie et de physique au Wellesley College, d’où elle sort major de promotion en 1884.


Au cours de la décennie suivante, Annie s’essaie à l’art nouveau de la photographie, notamment à la faveur de voyages en Europe où elle multiplie les clichés avec son box camera Blair. De retour dans son alma mater, elle contracte une scarlatine qui la laisse quasiment sourde. Inapte à socialiser avec ses pairs comme elle le faisait auparavant, elle se jette à corps perdu dans le travail. Résolue à faire carrière dans son domaine, elle écrit à son ancien professeur de Wellesley, Sarah Frances Whiting, pour s’enquérir d’éventuelles vacations. Celle-ci l’engage pour enseigner la physique aux jeunes étudiants de l’université, ce qui permettra à Cannon d’y suivre en parallèle des cours de physique et d’astronomie.


Son cursus l’amène à s’intéresser de près à la spectroscopie. Puis, poussée par la nécessité de disposer d’un télescope plus puissant, elle s'inscrit en qualité « d’étudiante spéciale » au Radcliffe College, université affiliée à Harvard, pour se plonger dans la science astronomique, mais aussi s’ouvrir les portes de l'observatoire de l'université Harvard dirigé à l’époque par Edward C. Pickering. Ce dernier l’embauche en 1896 au poste d'assistante à l'observatoire. C’est là qu’elle débutera sa carrière au sein d’une équipe de « calculatrices humaines » où, aux côtés de plusieurs dizaines de femmes, elle analyse des plaques photographiques célestes, une tâche alors jugée subalterne et ennuyeuse.


C’est à ce moment-là qu’Annie fait étalage de son talent. Au sein de l’équipe de calculatrices mise sur pied par Pickering, elle s’attelle à identifier et à classifier le plus grand nombre d’étoiles. Sa partenaire Williamina Fleming met au point un système de classification attribuant à chaque astre une lettre allant de A à Q en fonction de la quantité d’hydrogène observée dans son spectre, système qu’affinera Annie Maury, une autre des analystes de l’équipe. Ces deux modes de classification restent toutefois par trop complexes.


Annie réussit à les simplifier en mettant au point un système qui a résisté à l’épreuve du temps. Pour ce faire, elle ramène l’échelle à une série de sept lettres permettant de classer les étoiles par ordre décroissant de température : O, B, A, F, G, K, M, que le monde anglophone a retenu grâce à la phrase « Oh! Be A Fine Girl - Kiss Me! ». On dit d’elle qu’au cours de sa carrière elle a été amenée à identifier et classifier les spectres de plus 350 000 étoiles, et qu’il ne lui fallait que 3 secondes pour catégoriser un astre.


Comme tant de femmes de son équipe, Annie n’a hélas jamais été reconnue comme il se doit par ses contemporains masculins, à telle enseigne que son mode de classification ne porte même pas son nom, mais entrera dans l’histoire sous celui de « Classification Harvard ». L’université ira même jusqu’à refuser, en 1911, de la nommer officiellement au poste de curatrice des photographies astronomiques, et il lui faudra attendre 1938 pour y obtenir un poste permanent. Cela ne l’empêchera pas de glaner de nombreuses récompenses quelques années plus tard, dont la médaille Henry Draper de la National Academy of Sciences. En parallèle, elle crée le Prix d’astronomie Annie Jump Cannon, remis annuellement par l'Union américaine d'astronomie à une femme ayant obtenu son PhD depuis moins de cinq ans. Ironie de l’histoire, c’est Cecilia Payne-Gaposchkin, lauréate de la première édition du prix, en 1934, qui deviendra le premier professeur d’astronomie titulaire de Harvard. À travers cette distinction, Annie Jump Cannon continue à encourager et inspirer de nombreuses femmes passionnées par le domaine auquel elle a consacré toute sa vie.


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L’Oréal–UNESCO
Pour les Femmes et la Science

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